Au terme d'une mission d'une semaine dans la Grande Ile, la délégation de la SADC conduite par le Dr Leonardo Simao, a quitté le pays dans la discrétion totale. De l'autre côté, la CNOSC « recule pour mieux sauter ». « Nous préparons nos stratégies pour pouvoir entamer la deuxième phase de la médiation. », a expliqué l'un de ses membres, avant de préciser: « Nous tenons depuis quelques jours des réunions à huis clos. Nous organisons des réunions informelles en vue de la reprise de notre médiation. » A bien entendre notre interlocuteur, la reprise des négociations entre les protagonistes de la crise aurait lieu la semaine prochaine. En fait, la CNOSC n'a pas jeté l'éponge malgré le forcing des partis politiques de l'UDR, de l'Escopol et des « autres sensibilités » qui ont pris des décisions auxquelles les trois mouvances n'ont pas adhéré.
Hypothèses. Malgré ces décisions dont certaines sont immédiatement applicables, la CNOSC maintient ses hypothèses qu'elle projette dans son projet de feuille de route. Pour les Velompanahy Aristide, José Rakotomavo, Rasolo André, Lalao Randriamampionona, Serge Zafimahova, Noro Andriamamonjiarison, Ernest Razafindraibe et Voahangy Rakotoson, il est essentiel de s'entendre d'abord sur un cadre juridique consensuel. « Consensualité ne signifie pas unanimité au niveau des résultats ». précise un membre de la Coordination Nationale des Organisations de la Société Civile, avant d'ajouter: « Ce cadre juridique consensuel menant vers l'élaboration d'une feuille de route claire devrait être établi la semaine prochaine. Après, on aura environ 15 jours pour convoquer une Conférence nationale. 15 jours ou 20 jours après la Conférence nationale, le GIC se réunirait à Abbis-Abeba pour convaincre les partenaires internationaux pour le retour de la reconnaissance internationale. Au plus tard donc, nous aurons la reconnaissance internationale vers mi-octobre. »
Avant ou après? Jusqu'ici, seule la médiation menée par la CNOSC, en partenariat avec la SADC, bénéficie de la caution internationale. La communauté internationale mise sur cette médiation malgré les couacs méthodologiques constatés pendant « Vontovorona 1 ». Le Premier ministre mauricien Ravim Ramgoolam a confirmé cette vérité lors de son intervention depuis Paris à la RFI. Par ailleurs, si la délégation de la SADC, conduite par le Dr Leonardo Simao, a quitté le pays, c'est pour préparer une mission importante qui serait présidée par le médiateur Joaquim Chissano. « le président Chissano n'attend que notre signal. Il viendra dès que les préparatifs en vue de la deuxième phase de la médiation seront mis en place. », confie un membre de la Coordination Nationale des Organisations de la Société Civile. Désormais, la question se pose: la validation finale par le président de la HAT, Andry Rajoelina, des décisions prises avant-hier à Vontovorona entre les partis politiques, aura-t-elle lieu avant ou après la venue du médiateur Chissano qui assisterait à la reprise de la médiation? En tout cas, la reprise de la médiation nationale et internationale conjointement menée par la CNOSC et la SADC risquerait de remettre en cause l'accord politique de Vontovorona.
RAJAOFERA Eugène |